Dénivelé depuis le refuge
1 600 m
Cercle 1 — Le lieu
Lieux / Sommets / Aiguille Verte
4 122 m, et aucune voie facile. La Verte n’a pas de voie normale au sens où les autres 4 000 en ont une : son itinéraire le plus parcouru, le couloir Whymper, est coté AD+ et doit être redescendu avant le lever du soleil. C’est le sommet qui domine Chamonix, et l’un des moins accessibles du massif.
Provenance
Éditeur
Rédaction Chardonnet.fr
Argentière, vallée du Mont-Blanc
Dates
Publiée 30.07.2026
Mise à jour 30.07.2026
Revue annuelle : 06.2027
Données automatiques
Météo-France AROME
IGN RGE ALTI
rafraîchies 30.07.2026 07:10
Chiffres fixes
Altitudes et cotations recoupées sur deux sources primaires citées en bas de fiche.

L’Aiguille Verte, 4 122 m · Dmitry A. Mottl · 24.07.2015 · CC BY-SA 4.0 · Recadrée en hauteur, de 5184×3456 à 5184×2434, sans autre retouche.
4122 m
Bassin de Talèfre — vallée du Mont-Blanc — 45.9346 N / 6.9700 E
En un coup d’œil
Cotation — Couloir Whymper
AD+
Dénivelé depuis le refuge
1 600 m
Durée aller-retour
8–12 h
Orientation
S–SE
Engagement
Très élevé
Point de départ
Refuge du Couvercle
2 683 m
Meilleure période
Mi-juin →
mi-juillet
Équipement
Matériel complet de progression sur glacier
Deux piolets techniques si le couloir est en glace
Deux brins de 60 m — la descente se fait en rappel
Autre voie
Arête du Moine
AD — l’échappatoire de Whymper
Première ascension
1865
Edward Whymper, avec Christian Almer et Franz Biner
Conditions
Données automatiques
Bulletin du massifIsotherme 0 °C à 4 100 m, en hausse de 250 m sur 48 h. Regel nocturne faible à 3 500 m. Vent d’ouest modéré au sommet, risque d’orage faible.
Lecture dérivée des seules valeurs mesurées ci-dessous. Nous ne constatons pas l’état du terrain.
Isotherme 0 °C
4 100 m
+250 m / 48 h
Regel à 3 500 m
−1 °C
faible
Vent au sommet
35 km/h
ouest
Risque d’orage
Faible
CAPE 240 J/kg
Modèle AROME (Météo-France) — rafraîchi toutes les heures, dernière valeur 30.07.2026 07:10.
Nous n’affichons aucun état du terrain : l’ouverture de la rimaye et la tenue de la neige ne sont pas des données que nous mesurons. Voir La Chamoniarde pour les conditions de courses.
Carte & passages
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
02:30 refuge du couvercle
2 683 m
04:00
2 900 m
05:30 la rimaye
3 300 m
08:00 le couloir whymper
3 800 m
10:00
4 050 m
10:30 sommet
4 122 m
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
La rimaye — 3 300 m
Son ouverture change d’une saison à l’autre et ne se referme jamais au même endroit. C’est le premier point qui peut faire renoncer, et il se juge sur place, pas sur un topo.
Le couloir — 500 m
Neige ou glace selon l’année et l’heure. Deux piolets techniques deviennent nécessaires quand il est en glace, ce qui change la nature de la course sans changer sa cotation affichée.
La descente, avant le soleil
L’orientation sud-est impose d’entamer la descente avant les premiers rayons. Passé ce moment, il ne reste qu’à basculer par l’arête du Moine ou à attendre le regel de la nuit suivante.
Situations à risque
Chutes de neige, de glace et de pierres dans le couloir dès que le soleil le réchauffe. C’est le risque dominant de cette course, et il est horaire avant d’être technique.
Encadrement
Guide indispensable sans pratique confirmée de l’AD+ glaciaire et du terrain mixte. Ce n’est pas un 4 000 d’initiation, et il n’en existe pas de version facile. Bureau des Guides de Chamonix.
Secours PGHM Chamonix — 04 50 53 16 89
Le récit
L’Aiguille Verte domine Chamonix de quatre mille cent vingt-deux mètres, et elle a une particularité que les chiffres ne disent pas : aucune de ses voies n’est facile. Là où la plupart des 4 000 des Alpes se laissent gravir par un itinéraire coté F ou PD, la Verte n’offre rien en dessous de l’AD+.
Le couloir Whymper tient lieu de voie normale parce que c’est le passage le plus parcouru, pas parce qu’il serait aisé. Cinq cents mètres de neige et de glace, une rimaye qui change chaque année, un engagement coté III, une descente qui se fait en rappel. C’est un sommet qui se refuse souvent.
Ce qui décide sur cette course n’est pas le niveau de la cordée mais l’heure qu’il est. Le couloir est orienté sud-est : dès que le soleil le touche, il purge — neige, glace, pierres. La conséquence est simple et sans appel. On part de nuit du refuge du Couvercle, et surtout on entame la descente avant les premiers rayons.
Une cordée en retard n’a plus que deux options : basculer par l’arête du Moine, ou attendre le regel de la nuit suivante. Ni l’une ni l’autre n’était au programme du matin.
Le 29 juin 1865, Edward Whymper atteint le sommet avec les guides Christian Almer et Franz Biner. C’est bien la première ascension de l’Aiguille Verte, et le couloir porte son nom depuis.
Mais ils ne l’ont pas gravi en entier. Ils en remontent une section, puis traversent vers la gauche pour rejoindre les rochers et sortir par l’arête du Moine. La première ascension complète et datée du couloir revient à Cesare Gamba et Julien Grange, accompagnés des porteurs Clément et Gratien Berthod, le 21 août 1874 — neuf ans plus tard.
C’est une nuance que beaucoup de descriptions escamotent, et elle mérite d’être gardée : le nom d’un itinéraire ne dit pas toujours qui l’a parcouru.
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
Refuge du Couvercle. Départ de nuit, et ce n’est pas une préférence : l’orientation sud-est du couloir commande tout l’horaire de la course.
Glacier de Talèfre. Traversée du glacier en direction du pied du couloir. Terrain glaciaire crevassé, encordement de rigueur.
La rimaye. Franchissement au pied du couloir. Son ouverture varie fortement d’une année à l’autre et décide de la faisabilité du jour.
Le couloir Whymper. Cinq cents mètres de neige et de glace, exposés aux chutes de pierres dès que le soleil les touche.
Arête sommitale. Sortie du couloir sur l’arête, en terrain mixte jusqu’au sommet.
Sommet. La vue plonge sur Chamonix, à la verticale du versant nord.
Edward Whymper, avec Christian Almer et Franz Biner atteint le sommet en 1865 avec ses guides, par le versant du Tour. L’éperon qui porte aujourd’hui le nom d’André Migot ne sera gravi qu’en 1929 — cinquante ans pendant lesquels le Chardonnet reste une course de glace, pas de rocher. Le déplacement des saisons est en train de refaire ce partage en sens inverse.
Questions pratiques
L’Aiguille Verte a-t-elle une voie normale ?
Pas au sens habituel. Le couloir Whymper en tient lieu parce que c’est l’itinéraire le plus parcouru, pas parce qu’il serait aisé : AD+, engagement III, descente en rappel. La plupart des 4 000 des Alpes ont une voie en F ou PD. Il n’existe aucune voie facile sur cette montagne.
Pourquoi faut-il partir de nuit ?
Parce que le couloir est orienté sud-est. Dès que le soleil le touche, il purge — neige, glace, pierres. La descente doit être entamée avant les premiers rayons. Une cordée en retard n’a plus que deux options : basculer par l’arête du Moine, ou attendre le regel de la nuit suivante.
Whymper a-t-il vraiment gravi ce couloir ?
En partie seulement. Le 29 juin 1865, il en remonte une section avec Christian Almer et Franz Biner, puis traverse vers la gauche pour sortir par l’arête du Moine. C’est bien la première ascension du sommet. La première ascension complète et datée du couloir revient à Cesare Gamba et Julien Grange, avec deux porteurs, le 21 août 1874 — neuf ans plus tard.
Combien de temps depuis le refuge du Couvercle ?
Huit à douze heures aller-retour selon la cordée et l’état du couloir, pour environ 1 600 m de dénivelé positif cumulé. Beaucoup de topos donnent la course en deux jours, en comptant la montée au refuge la veille.
Quel matériel emporter ?
Le matériel complet de progression sur glacier, plus crampons et piolet. Deux piolets techniques sont parfois nécessaires si le couloir est en glace. Pour la descente, deux brins de 60 m sont recommandés : elle se fait en rappel.
Périmètre
Contribuer
Vous rentrez du Chardonnet ?
L’état de la rimaye, la tenue de la Bosse, l’horaire réel. Une phrase et une date suffisent : on recoupe avec nos sources et on met la fiche à jour, en vous créditant.
Ces informations sont indicatives. Cette fiche est une compilation de sources documentaires, datée, et non un relevé de terrain. Nous ne sommes pas sur place et nous ne constatons pas l’état des itinéraires. Les altitudes, cotations, horaires et passages décrits correspondent à l’état des sources à la date indiquée ; ils peuvent ne plus correspondre au terrain. Il est indispensable de vous assurer des conditions actuelles sur place — auprès d’un bureau des guides, du gardien du refuge, de La Chamoniarde, et des prévisions et bulletins officiels de Météo-France. Rien ici ne remplace le bulletin d’estimation du risque d’avalanche, un arrêté en vigueur, ni l’avis d’un professionnel diplômé. La décision de partir, de continuer ou de renoncer n’appartient qu’à vous.