Dénivelé depuis le refuge
1 450 m
Cercle 1 — Le lieu
4 001 mètres — le plus modeste des 4 000 du massif, et de très peu. Sa voie normale, l’éperon oriental, était autrefois une classique ; elle ne l’est plus, parce que les conditions qu’elle exige se réunissent de moins en moins souvent. On y termine à califourchon sur un bloc sommital, la tête au-dessus de la barre fatidique.
Provenance
Éditeur
Rédaction Chardonnet.fr
Argentière, vallée du Mont-Blanc
Dates
Publiée 30.07.2026
Mise à jour 30.07.2026
Revue annuelle : 06.2027
Données automatiques
Météo-France AROME
IGN RGE ALTI
rafraîchies 30.07.2026 07:10
Chiffres fixes
Altitudes et cotations recoupées sur deux sources primaires citées en bas de fiche.

Les Droites depuis le Pas de l’Ours · Rémih · CC BY-SA 4.0 · Recadrée en hauteur, de 5184×3888 à 5184×2434, sans autre retouche.
4001 m
Bassin de Talèfre — vallée du Mont-Blanc — 45.9307 N / 6.9893 E
En un coup d’œil
Cotation — Éperon oriental
AD+
Dénivelé depuis le refuge
1 450 m
Durée aller-retour
10–14 h
Orientation
S
Engagement
Très élevé
Point de départ
Refuge du Couvercle
2 683 m
Meilleure période
Mi-juin →
mi-juillet
Équipement
Une ou deux broches, petit jeu de coinceurs ou friends
Deux piolets pour la rimaye et les pentes à 45–50°
Beaucoup de sangles et d’anneaux — sept rappels à la descente
Deux brins de 50 m, ou 40 m avec des relais supplémentaires
Autre voie
Face nord — bassin d’Argentière
TD+ — l’autre versant
Première ascension
1876
Henri Cordier, Thomas Middlemore et John Oakley Maund, avec les guides Johann Jaun et Andreas Maurer, le 7 août 1876
Conditions
Données automatiques
Bulletin du massifIsotherme 0 °C à 4 100 m, en hausse de 250 m sur 48 h. Regel nocturne faible à 3 500 m. Vent d’ouest modéré au sommet, risque d’orage faible.
Lecture dérivée des seules valeurs mesurées ci-dessous. Nous ne constatons pas l’état du terrain.
Isotherme 0 °C
4 100 m
+250 m / 48 h
Regel à 3 500 m
−1 °C
faible
Vent au sommet
35 km/h
ouest
Risque d’orage
Faible
CAPE 240 J/kg
Modèle AROME (Météo-France) — rafraîchi toutes les heures, dernière valeur 30.07.2026 07:10.
Nous n’affichons aucun état du terrain : l’ouverture de la rimaye et la tenue de la neige ne sont pas des données que nous mesurons. Voir La Chamoniarde pour les conditions de courses.
Carte & passages
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
02:00 refuge du couvercle
2 683 m
04:00
3 100 m
05:30 la rimaye, puis le couloir
3 350 m
08:30 terrain mixte, puis rocheux
3 750 m
10:00 le bloc sommital
4 001 m
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
La rimaye et le couloir
Le franchissement demande deux piolets, et le couloir qui suit est celui où l’on fera les rappels au retour. Chutes de pierres, de glace et coulées de neige : c’est le point noir de la course, dans les deux sens.
Le mixte, sans itinéraire tracé
Couloir, terrain mixte, rocher, pente de neige. Rien n’indique le chemin : les topos insistent sur le sens de l’itinéraire, et c’est ce qui fait la différence entre une cordée rapide et une cordée en difficulté.
Sept rappels à la descente
Idéalement sur deux brins de 50 m ; possible avec 40 m en empruntant un ou deux relais supplémentaires. Prévoir cordelettes et sangles pour remplacer le matériel en place, qui n’est entretenu par personne.
Situations à risque
Chutes de pierres, de glace et coulées de neige dans le couloir de rappel, exposé sud-est. C’est le risque dominant, et il croît avec l’heure. Une échappatoire existe vers le couloir de rappel sous la muraille rocheuse.
Encadrement
Course réservée aux cordées autonomes en terrain mixte, avec une lecture solide de l’itinéraire. Ce n’est pas un 4 000 que l’on fait pour cocher un chiffre. Bureau des Guides de Chamonix.
Secours PGHM Chamonix — 04 50 53 16 89
Le récit
Les Droites dépassent la barre des 4 000 d’un seul mètre, et cette précision n’est pas anecdotique : elle explique une bonne part de leur fréquentation. Beaucoup de cordées viennent y chercher un chiffre.
Elles trouvent autre chose. L’éperon oriental, la voie normale du versant sud, est coté AD+ avec un engagement III, sept rappels à la descente et un couloir exposé aux chutes de pierres. À titre de comparaison, le Mont Blanc, huit cents mètres plus haut, est coté PD. L’altitude ne dit rien de la difficulté.
Les topos le formulent avec des égards ; disons-le simplement. L’ascension des Droites par leur versant sud était autrefois une course classique. Elle l’est de moins en moins, non parce que l’itinéraire aurait changé, mais parce que les conditions qu’il exige se réunissent plus rarement.
Il faut un enneigement suffisant pour que le couloir et le mixte tiennent, et une fenêtre de regel pour que la descente en rappel soit sûre. Ces deux exigences se rencontrent de moins en moins souvent au même moment. Le terrain a bougé, la cotation non — et c’est le genre d’écart qu’une fiche doit dire.
C’est le mot qu’emploient les descriptions, et il est juste : couloir, terrain mixte, rocher, pente de neige, arête de neige. On traverse à peu près tout ce que le massif propose en une seule montée.
Rien n’est balisé, et les topos insistent moins sur la difficulté technique que sur le sens de l’itinéraire. C’est ce qui sépare une cordée qui sort en dix heures d’une cordée qui se retrouve à faire les rappels en début d’après-midi, dans un couloir que le soleil a mis en mouvement.
Au sommet, un bloc aérien sur lequel on s’assoit à califourchon, les crampons sous la barre des quatre mille et la tête au-dessus.
Henri Cordier, Thomas Middlemore et John Oakley Maund ouvrent la voie le 7 août 1876, avec les guides Johann Jaun et Andreas Maurer. Cordier a vingt-deux ans et signe cet été-là plusieurs premières majeures du massif. Il meurt l’année suivante.
L’âge d’or de l’alpinisme britannique dans ce massif tient en quelques étés, et les Droites en sont un bon résumé : une ligne évidente, une cordée jeune, et une course qui reste difficile cent cinquante ans plus tard.
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
Refuge du Couvercle. Départ de nuit. La descente est exposée sud-est : c’est elle, plus que la montée, qui impose de tenir l’horaire.
Glacier de Talèfre. Traversée vers le pied de l’éperon, sur terrain glaciaire crevassé.
La rimaye, puis le couloir. Le franchissement ouvre sur un couloir de neige et de mixte. C’est aussi le couloir des rappels, exposé aux chutes de pierres et de glace.
Terrain mixte, puis rocheux. La totale, comme disent les topos : couloir, mixte, rocher, pente de neige. Un bon sens de l’itinéraire est requis — rien n’est balisé.
Le bloc sommital. Une arête de neige mène au sommet, un bloc aérien sur lequel on s’assoit à califourchon. Un mètre au-dessus des quatre mille.
Henri Cordier, Thomas Middlemore et John Oakley Maund, avec les guides Johann Jaun et Andreas Maurer, le 7 août 1876 atteint le sommet en 1876 avec ses guides, par le versant du Tour. L’éperon qui porte aujourd’hui le nom d’André Migot ne sera gravi qu’en 1929 — cinquante ans pendant lesquels le Chardonnet reste une course de glace, pas de rocher. Le déplacement des saisons est en train de refaire ce partage en sens inverse.
Questions pratiques
Pourquoi les Droites ne sont-elles plus une classique ?
Parce que les conditions qu’exige l’éperon oriental se réunissent de moins en moins souvent. Le versant sud demande un enneigement suffisant pour que le couloir et le mixte tiennent, et une fenêtre de regel pour que la descente soit sûre. L’itinéraire n’a pas changé ; le terrain, si.
Est-ce le plus facile des 4 000 du massif ?
Non, malgré son altitude qui dépasse la barre d’un seul mètre. L’éperon oriental est coté AD+ avec un engagement III, sept rappels à la descente et un couloir exposé aux chutes de pierres. Le Mont Blanc, à huit cents mètres de plus, est coté PD.
Combien de temps depuis le Couvercle ?
Dix à quatorze heures aller-retour pour 1 450 m de dénivelé, selon les conditions et le sens de l’itinéraire de la cordée. C’est une longue journée, et l’horaire est la variable qui décide de la sécurité de la descente.
Quel matériel pour les rappels ?
Idéalement deux brins de 50 m, ce qui donne sept rappels. Avec 40 m, il faut un ou deux relais supplémentaires. Emporter des cordelettes et des sangles pour remplacer le matériel en place : personne n’en garantit l’état.
Qui a ouvert la voie ?
Henri Cordier, Thomas Middlemore et John Oakley Maund, avec les guides Johann Jaun et Andreas Maurer, le 7 août 1876. Cordier avait vingt-deux ans et mourra l’année suivante — l’âge d’or de l’alpinisme britannique dans le massif tient en quelques étés.
Périmètre
Contribuer
Vous rentrez du Chardonnet ?
L’état de la rimaye, la tenue de la Bosse, l’horaire réel. Une phrase et une date suffisent : on recoupe avec nos sources et on met la fiche à jour, en vous créditant.
Ces informations sont indicatives. Cette fiche est une compilation de sources documentaires, datée, et non un relevé de terrain. Nous ne sommes pas sur place et nous ne constatons pas l’état des itinéraires. Les altitudes, cotations, horaires et passages décrits correspondent à l’état des sources à la date indiquée ; ils peuvent ne plus correspondre au terrain. Il est indispensable de vous assurer des conditions actuelles sur place — auprès d’un bureau des guides, du gardien du refuge, de La Chamoniarde, et des prévisions et bulletins officiels de Météo-France. Rien ici ne remplace le bulletin d’estimation du risque d’avalanche, un arrêté en vigueur, ni l’avis d’un professionnel diplômé. La décision de partir, de continuer ou de renoncer n’appartient qu’à vous.