Durée
8 h à 12 h
Cercle 2 — Les pratiques
Pratiques / Alpinisme / Arête Forbes
L’arête nord-est de l’Aiguille du Chardonnet, et l’une des plus belles courses de sa catégorie dans les Alpes. AD, mais longue : douze kilomètres, 1 285 m de dénivelé, un fil d’arête de six à sept cents mètres au-dessus du vide. Elle se sous-estime beaucoup et se rate rarement pour des raisons techniques.
Provenance
Éditeur
Rédaction Chardonnet.fr
Argentière, vallée du Mont-Blanc
Dates
Publiée 30.07.2026
Mise à jour 30.07.2026
Revue annuelle : 06.2027
Données automatiques
Météo-France AROME
IGN RGE ALTI
rafraîchies 30.07.2026 07:10
Chiffres fixes
Dénivelé, distance et horaires recoupés sur les sources citées en bas de fiche.

L’Aiguille du Chardonnet depuis le Pas de l’Ours · Rémih · CC BY-SA 4.0 · Recadrée en hauteur, de 5184×3888 à 5184×2434, sans autre retouche, pour tenir le cadre de la fiche.
1285 m
de dénivelé positif — depuis Refuge Albert 1er, 2 702 m
En un coup d’œil
Distance
12,3 km
Durée
8 h à 12 h
Point haut
3 824 m
Difficulté
AD
Forme
Traversée
Départ
Refuge Albert 1er
2 702 m
Remontée mécanique
aucune
Meilleure période
Mi-juin →
mi-septembre
Balisage
Aucun. Des catadioptres jalonnaient l’arête de descente en septembre 2023 — un balisage officieux dont personne ne garantit l’entretien.
Pratique
Alpinisme
Accès & à savoir
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
Traversée du glacier du Tour. Du refuge, plusieurs cheminements gagnent le glacier par l’ouest ou par l’est. On traverse à flanc vers l’Aiguille Forbes, en passant près du rognon rocheux coté 3 238 m.
Le couloir nord-ouest. Un couloir raide mène au pied de la Bosse. Quelques crevasses, et des séracs en rive gauche qu’il vaut mieux ne pas laisser au-dessus de soi trop longtemps.
La Bosse, puis la rimaye. Une calotte glaciaire raide, à 50°, que l’on gravit plutôt par la petite arête neigeuse de rive gauche. On rejoint l’arête est vers 3 700 m en négociant une rimaye — c’est elle qui décide de la difficulté du jour.
Le fil de l’arête, puis le sommet. Six à sept cents mètres d’arête, suivie plus ou moins au fil, avec des descentes régulières. Les difficultés se contournent versant nord ; le versant sud est délité par endroits. Quelques pas en III+, équipés de pitons et de sangles.
Descente par la voie normale. Retour au refuge par l’itinéraire classique du versant nord-nord-est. Exposée aux chutes de pierres : elle se fait tôt, pas en fin de journée.
Variantes
Depuis la cabane du Trient plutôt que depuis Albert 1er : il est souvent plus avantageux de faire un léger détour par le col Supérieur du Tour. La course se fait aussi en deux jours, avec bivouac ou nuit au refuge, ce que la longueur justifie amplement. À la descente, selon les conditions, le couloir de neige est parfois plus rapide que l’arête de sa rive droite.
Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.
→ Ce que cette fiche n’établit pas
L’exposition est commande l’horaire
L’arête prend le soleil tôt et se dégrade vite. La course ne s’entreprend pas tard dans la journée, et la descente par la voie normale, exposée aux chutes de pierres, encore moins.
La rimaye décide de la difficulté
Selon son état avant le gendarme d’attaque, il peut falloir démarrer un gendarme plus tôt, ce qui impose un pas de V+ — bien protégeable avec des friends 1 et 2, mais qui change la cotation du jour.
Des séracs dans le couloir d’accès
Le couloir nord-ouest qui mène au pied de la Bosse porte des séracs en rive gauche. C’est un endroit où l’on ne s’attarde pas.
Longue avant d’être difficile
Douze kilomètres et 1 285 m de dénivelé pour une cotation AD. Ce n’est pas la difficulté technique qui fait renoncer sur cette course, c’est l’horaire.
Le rocher n’est pas homogène
Bon granit sur le fil, versant sud délité par endroits. Les contournements se font versant nord pour cette raison.
Le récit
L’arête nord-est de l’Aiguille du Chardonnet passe pour l’une des plus belles courses de sa cotation dans les Alpes, et la réputation tient. Elle a tout ce qu’on demande à une grande classique : une approche glaciaire, une pente de neige qui se redresse, une rimaye qui donne le ton, et surtout six à sept cents mètres de fil d’arête sur du bon granit, avec le vide des deux côtés.
Ce qui la caractérise n’est pas la difficulté. AD, du III+ en libre, un ou deux pas qui méritent peut-être IV. Ce qui la caractérise, c’est la longueur : douze kilomètres, mille deux cent quatre-vingt-cinq mètres de dénivelé, huit à douze heures de refuge à refuge. Elle se sous-estime beaucoup, et les difficultés qu’on y rencontre sont presque toujours des difficultés d’horaire.
Du refuge Albert 1er, plusieurs cheminements traversent le glacier du Tour, par l’ouest ou par l’est. On peut suivre l’itinéraire du col du Tour, puis traverser à flanc vers l’Aiguille Forbes en passant près du rognon rocheux coté 3 238 m. Une heure et demie à deux heures et demie selon la trace et l’état du glacier.
Un couloir nord-ouest raide mène ensuite au pied de la Bosse. Il porte des séracs en rive gauche, et c’est le premier endroit de la course où l’on ne s’attarde pas. La Bosse elle-même est une calotte glaciaire à cinquante degrés, qu’on gravit plutôt par la petite arête neigeuse de rive gauche — et si elle est en glace, les deux piolets cessent d’être un luxe.
On rejoint l’arête est vers 3 700 m en négociant une rimaye. Celle-là décide de la journée. Selon son état avant le gendarme d’attaque, il faut parfois démarrer un gendarme plus tôt, ce qui impose un pas de V+ — bien protégeable avec des friends, mais qui n’est plus la même course.
On attaque entre un gendarme pointu et un gros gendarme allongé, et à partir de là, l’arête se suit plus ou moins au fil, avec des descentes régulières qui mangent du temps sans rendre de dénivelé. Les difficultés se contournent pour l’essentiel versant nord : le versant sud est délité par endroits, et ce n’est pas un caprice d’auteur de topo.
Les pas les plus durs, en III+, sont équipés de pitons et de sangles. Certaines descentes ont des anneaux de rappel, mais toutes ne sont pas équipées — un brin de cinquante mètres suffit en général, à condition que la rimaye de la voie de descente passe avec un rappel de vingt-cinq.
L’exposition est. L’arête prend le soleil tôt, et la course ne s’entreprend pas tard dans la journée. La descente par la voie normale, exposée aux chutes de pierres, obéit à la même règle. C’est une course de départ de nuit, comme souvent, mais ici la raison n’est pas le confort : c’est que le terrain change d’état sous le soleil, et pas dans le bon sens.
Des catadioptres jalonnaient l’arête de descente en septembre 2023. C’est commode, ce n’est pas officiel, et personne n’en garantit l’entretien. Selon les conditions, le couloir de neige est parfois plus rapide que l’arête de sa rive droite.
Louis-Henri et Théodore Aubert, avec Maurice Crettez, atteignent le sommet le 20 juillet 1899 par le versant est de la Fenêtre Supérieure du Tour et l’arête nord-nord-est. Trois semaines plus tard, le 10 août, Joseph et Maurice Crettez accompagnés de Paul Sisley ouvrent par le versant nord-nord-est ce qui deviendra l’itinéraire classique — celui que l’on parcourt aujourd’hui.
Quant au nom, il ne vient pas d’un premier ascensionniste. L’Aiguille Forbes et l’arête qui la franchit honorent James David Forbes, physicien écossais et pionnier de la glaciologie alpine, qui étudia l’écoulement des glaciers du massif au milieu du XIXe siècle. Un hommage toponymique, comme le massif en compte beaucoup.

Le refuge Albert 1er, départ de la course · Simon Oliver · CC BY 3.0 · Réduite de 3264×2448 à 2400×1800, sans autre retouche.
Questions pratiques
Quelle est la cotation exacte de l’arête Forbes ?
AD en cotation globale, avec du III+ en escalade libre, un engagement coté III et un équipement en place coté P3. Un ou deux pas peuvent mériter IV selon les sources, et l’état de la rimaye d’attaque peut imposer un V+. C’est une course dont la cotation bouge avec les conditions plus qu’avec le niveau du grimpeur.
Combien de temps faut-il compter ?
Une heure et demie à deux heures et demie d’approche depuis le refuge Albert 1er, puis quatre à sept heures pour la voie, plus la descente. Huit à douze heures de refuge à refuge selon la cordée et les conditions. Beaucoup la font en deux jours, et la longueur le justifie.
Faut-il deux piolets ?
Seulement si la Bosse est en glace, ce qui arrive. Le reste du matériel tient en un jeu de friends de 0,5 à 2, beaucoup de sangles, et un brin de 50 m qui suffit en général — à condition que la rimaye de la descente passe avec un rappel de 25 m.
Peut-on la faire sans guide ?
C’est une course d’alpinisme à part entière : glacier crevassé, pente à 50°, escalade en III+ sur arête exposée, itinéraire à trouver soi-même. Une cordée autonome en AD la fait sans guide. Pour les autres, ce n’est pas une question de courage mais de compétence, et un guide est la réponse.
Qui l’a gravie le premier ?
Louis-Henri et Théodore Aubert avec Maurice Crettez, le 20 juillet 1899, par le versant est de la Fenêtre Supérieure du Tour et l’arête nord-nord-est. L’itinéraire classique d’aujourd’hui correspond plutôt à la deuxième ascension, le 10 août 1899, par Joseph et Maurice Crettez avec Paul Sisley.
Pourquoi « Forbes » ?
L’arête et l’aiguille secondaire qu’elle franchit portent le nom de James David Forbes, physicien écossais et pionnier de la glaciologie alpine au milieu du XIXe siècle. Il n’a pas gravi cette arête : c’est un hommage toponymique, courant dans le massif.
La descente est-elle balisée ?
Non, mais des catadioptres jalonnaient régulièrement l’arête de descente en septembre 2023. Ce n’est pas un balisage officiel et personne n’en garantit l’entretien : il ne faut pas construire son plan de descente dessus.
Périmètre
Contribuer
Vous rentrez du Arête Forbes ?
L’état du sentier, les horaires réels, l’enneigement du plateau. Une phrase et une date suffisent : on recoupe avec nos sources et on met la fiche à jour, en vous créditant.
Ces informations sont indicatives. Cette fiche est une compilation de sources documentaires, datée, et non un relevé de terrain. Nous ne sommes pas sur place et nous ne constatons pas l’état des itinéraires. Dénivelés, distances, horaires et descriptions correspondent à l’état des sources à la date indiquée ; ils peuvent ne plus correspondre au terrain. Il est indispensable de vous assurer des conditions actuelles sur place — auprès d’un bureau des guides, de l’office de tourisme, de La Chamoniarde, et des prévisions et bulletins officiels de Météo-France. Rien ici ne remplace le bulletin d’estimation du risque d’avalanche, un arrêté en vigueur, ni l’avis d’un professionnel diplômé. La décision de partir, de continuer ou de renoncer n’appartient qu’à vous.