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Cercle 2 — Les pratiques

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Éperon Migot

La face nord de l’Aiguille du Chardonnet, par son éperon central. AD+, du mixte soutenu, une pente terminale à 50° et un sérac dont on ne s’éloigne jamais tout à fait. Ouverte en 1929, skiée pour la première fois en 1977 : c’est une des grandes lignes du massif.

Provenance

Éditeur

Rédaction Chardonnet.fr

Argentière, vallée du Mont-Blanc

Dates

Publiée 30.07.2026
Mise à jour 30.07.2026
Revue annuelle : 06.2027

Données automatiques

Météo-France AROME
IGN RGE ALTI
rafraîchies 30.07.2026 07:10

Chiffres fixes

Dénivelé, distance et horaires recoupés sur les sources citées en bas de fiche.

Notre méthode →

L’Aiguille du Chardonnet depuis le bassin du glacier du Tour, versant nord
Aiguille du Chardonnet — 3 824 m

Le versant nord depuis le glacier du Tour — la face de l’éperon · photo à créditer

1200 m

de dénivelé positif — depuis Refuge Albert 1er, 2 702 m

En un coup d’œil

Distance

8 km

Durée

7 h à 10 h

Point haut

3 824 m

Difficulté

AD+

Forme

Traversée

Départ

Refuge Albert 1er
2 702 m

Remontée mécanique

aucune

Meilleure période

Mi-mai →
mi-juillet

Balisage

Aucun. Terrain mixte et glaciaire

Pratique

Alpinisme

Accès & à savoir

Accès depuis Refuge Albert 1er

Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.

→ Ce que cette fiche n’établit pas

Départ 2 702 mLa pente terminale, puis le sommet 3 824 mPlan IGN · aucun. terrain mixte et glaciaire
+ 2 h3 200 m

Le pied de l’éperon. Du refuge, on prend pied sur le glacier du Tour par une légère descente, puis on gagne la base de l’éperon. Si le glacier est mal bouché, il faut suivre l’itinéraire du col du Tour puis redescendre à la courbe des 3 200 m.

+ 3 h3 400 m

La première pente de neige. Une grande rampe de droite à gauche, à droite du contrefort rocheux issu de l’arête nord. Une petite goulotte de neige — ou du rocher délité selon la saison — débouche sur le fil.

+ 5 h3 650 m

La section mixte. D’abord neigeuse puis rapidement mixte. On se tient au plus près du fil, pour rester à l’écart des chutes de glace. Quelques passages techniques, mais l’assurage est bon.

+ 6 h à 8 h3 824 m

La pente terminale, puis le sommet. Elle se redresse régulièrement jusqu’à 50°, et l’on sort à droite ou à gauche du bastion rocheux sommital selon les conditions.

+ 7 h à 10 h2 702 m

Descente par la voie normale. Peu difficile par bonnes conditions de neige. Retour au refuge par le versant nord-nord-est.

Variantes

L’« Intégrale » de l’éperon est cotée D, un cran au-dessus. Depuis la cabane du Trient, on suit l’itinéraire du col du Tour puis on bascule sur le glacier éponyme en tirant à gauche, sans jamais descendre sous la cote 3 200 m. Depuis le village du Tour et sans monter au refuge, Camptocamp donne 2 371 m de dénivelé : la télécabine du Tour raccourcit sensiblement la montée comme la descente.

À savoir avant de monter

Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.

→ Ce que cette fiche n’établit pas

L’éperon prend le soleil dès le matin

Exposé nord, mais éclairé tôt. C’est ce qui commande l’horaire de départ et l’état du mixte comme de la pente terminale.

Un sérac au-dessus de la voie

La consigne est constante dans les descriptions : se tenir au plus près du fil de l’éperon pour éviter d’éventuelles chutes de glace. Ce n’est pas une préférence esthétique.

Du mixte, pas de la neige

La section centrale est mixte et soutenue, avec des passages techniques. L’engagement est coté IV et l’équipement en place P4 : il n’y a pratiquement rien, on s’assure sur ce qu’on emporte.

La goulotte change avec la saison

Le passage qui débouche sur le fil est une goulotte de neige en début de saison et du rocher délité plus tard. La date change la nature du passage.

Le récit

L’autre versant

Le Chardonnet a deux visages, et le choix entre eux n’est pas une question de préférence esthétique. À l’est, l’arête Forbes : longue, rocheuse, ensoleillée, cotée AD, où l’on grimpe sur du bon granit. Au nord, l’éperon Migot : plus court, plus raide, en mixte et en neige, coté AD+ avec un engagement IV et un équipement en place coté P4 — c’est-à-dire à peu près rien.

Forbes fatigue. Le Migot engage. Ce sont deux courses différentes sur la même montagne, et l’ordre logique est celui-là : on connaît la première avant de s’attaquer à la seconde.

Deux heures d’approche, puis la rampe

Du refuge Albert 1er, on prend pied sur le glacier du Tour par une légère descente et l’on part vers la base de l’éperon. C’est direct quand le glacier est bien bouché ; sinon il faut suivre l’itinéraire du col du Tour et redescendre vers la courbe des 3 200 m. Deux heures dans les deux cas.

La voie commence par une grande pente de neige, une rampe qui file de droite à gauche, à droite du contrefort rocheux issu de l’arête nord. Une petite goulotte débouche sur le fil — en neige au printemps, en rocher délité plus tard dans la saison, et ce n’est pas le même passage.

Le fil, et le sérac

À partir de là, l’éperon est d’abord neigeux puis rapidement mixte, et la consigne est constante dans toutes les descriptions : se tenir au plus près du fil. Ce n’est pas pour l’élégance de la ligne. C’est parce qu’un sérac domine la voie, et que le fil est l’endroit le moins exposé à ses chutes de glace.

La section mixte offre quelques passages techniques, avec de bonnes possibilités d’assurage — ce qui est heureux, puisqu’il n’y a rien en place. Puis la pente terminale se redresse régulièrement jusqu’à cinquante degrés, et l’on sort à droite ou à gauche du bastion rocheux sommital selon les conditions.

La descente se fait par la voie normale, peu difficile quand la neige est bonne.

1929, puis les skieurs

Camille Devouassoux et André Migot ouvrent l’éperon le 28 juillet 1929. Xavier de Grunne, Henry de Ségogne et les frères Tézenas du Montcel signent la deuxième ascension le 27 août 1930. La première descente revient à Armand Charlet, Marcel Couturier et Jules Simond, le 9 juillet 1933 — trois noms qui disent assez ce que la face représentait à l’époque.

L’histoire à ski est plus récente et plus révélatrice. Jean-Marc Boivin et Yves Détry passent en septembre 1977, par la rive droite du sérac. Daniel Chauchefoin réalise en mai 1981 ce qu’on tient pour la première intégrale de la face nord. Puis, le 23 novembre 2012, Vivian Bruchez et Kilian Jornet skient une variante à gauche qui contourne la partie mixte par la droite — un passage qui n’était devenu envisageable que peu de temps auparavant, le profil du sérac intermédiaire ayant évolué.

C’est la meilleure façon de dire ce qu’est cette face aujourd’hui : un itinéraire dont la faisabilité dépend d’un sérac qui bouge, et dont les descriptions vieillissent à la vitesse de la glace.

Le refuge Albert 1er au-dessus du glacier du Tour

Le refuge Albert 1er, à deux heures du pied de l’éperon · Simon Oliver · CC BY 3.0 · Réduite de 3264×2448 à 2400×1800, sans autre retouche.

Questions pratiques

Ce qu’on nous demande

Quelle différence avec l’arête Forbes ?

Ce sont deux courses opposées sur la même montagne. Forbes est une arête est, longue, rocheuse, cotée AD, où l’on grimpe sur du bon granit au soleil. Le Migot est un éperon de face nord, plus court, plus raide, coté AD+, en mixte et en neige, avec un engagement supérieur et presque aucun équipement en place. Forbes fatigue, le Migot engage.

Quelle est la cotation exacte ?

AD+ en cotation globale, engagement IV, équipement en place P4 — c’est-à- dire quasi inexistant. La pente terminale est donnée entre 45 et 50°, et se redresse régulièrement jusqu’en haut.

Faut-il des broches à glace ?

Oui. Le matériel décrit tient en quelques coinceurs et friends, des sangles, et des broches. Avec un équipement en place coté P4, tout l’assurage repose sur ce que la cordée emporte.

Quelle est la bonne période ?

De la mi-mai à la mi-juillet, quand le mixte est encore pris et que la goulotte d’accès au fil est en neige plutôt qu’en rocher délité. Plus tard dans la saison, le passage change de nature et la face se dégrade.

Qui a ouvert l’éperon ?

Camille Devouassoux et André Migot, le 28 juillet 1929. La deuxième ascension revient à Xavier de Grunne, Henry de Ségogne et les frères Tézenas du Montcel, le 27 août 1930. La première descente est signée Armand Charlet, Marcel Couturier et Jules Simond, le 9 juillet 1933.

A-t-il été descendu à ski ?

Oui, et plusieurs fois. Jean-Marc Boivin et Yves Détry en septembre 1977, par la rive droite du sérac. Daniel Chauchefoin en mai 1981, pour ce qu’on considère comme la première intégrale de la face nord. Puis Vivian Bruchez et Kilian Jornet le 23 novembre 2012, par une variante de gauche qui contourne la partie mixte — un passage que l’évolution du sérac intermédiaire venait de rendre possible.

Peut-on l’envisager sans guide ?

C’est une course d’engagement IV avec un équipement P4 : glacier crevassé, mixte soutenu, pente à 50° et rien en place pour s’assurer. Elle suppose une autonomie complète en terrain mixte. Ce n’est pas une course d’initiation, et l’arête Forbes est la porte d’entrée logique sur cette montagne.

Périmètre

Ce que cette fiche n’établit pas

Contribuer

Vous rentrez du Éperon Migot ?

L’état du sentier, les horaires réels, l’enneigement du plateau. Une phrase et une date suffisent : on recoupe avec nos sources et on met la fiche à jour, en vous créditant.

Écrire à la rédaction

Ces informations sont indicatives. Cette fiche est une compilation de sources documentaires, datée, et non un relevé de terrain. Nous ne sommes pas sur place et nous ne constatons pas l’état des itinéraires. Dénivelés, distances, horaires et descriptions correspondent à l’état des sources à la date indiquée ; ils peuvent ne plus correspondre au terrain. Il est indispensable de vous assurer des conditions actuelles sur place — auprès d’un bureau des guides, de l’office de tourisme, de La Chamoniarde, et des prévisions et bulletins officiels de Météo-France. Rien ici ne remplace le bulletin d’estimation du risque d’avalanche, un arrêté en vigueur, ni l’avis d’un professionnel diplômé. La décision de partir, de continuer ou de renoncer n’appartient qu’à vous.

Rédaction Chardonnet.fr · chiffres recoupés sur sources citées · mise à jour 30.07.2026Notre méthodeSignaler une erreur