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S’initier à la randonnée glaciaire

Un glacier n’est pas un sentier enneigé. Ce qui le distingue tient en un mot — crevasses — et en une conséquence : on n’y progresse jamais seul, et jamais sans savoir sortir quelqu’un d’un trou. Voici ce que la première sortie demande réellement, et par où commencer dans cette vallée.

Provenance

Éditeur

Rédaction Chardonnet.fr

Argentière, vallée du Mont-Blanc

Dates

Publiée 30.07.2026
Mise à jour 30.07.2026
Revue annuelle : 06.2027

Données automatiques

Météo-France AROME
IGN RGE ALTI
rafraîchies 30.07.2026 07:10

Chiffres fixes

Recommandations éditoriales, sans donnée mesurée ni chiffre engageant.

Notre méthode →

Le refuge Albert 1er au-dessus du glacier du Tour, base des courses d’initiation glaciaire

Le refuge Albert 1er, au bord du glacier du Tour · Simon Oliver · CC BY 3.0 · Réduite de 3264×2448 à 2400×1800, sans autre retouche.

Ce que cette page établit

La corde ne sert à rien sans le reste : sans mouflage appris et répété, une cordée de deux qui perd quelqu’un dans une crevasse n’a aucun moyen de le remonter.

La première sortie se fait avec un professionnel, pas parce que le terrain est difficile, mais parce que les gestes qui sauvent ne s’apprennent pas dans une vidéo.

L’Aiguille du Tour depuis le refuge Albert 1er est la course de référence pour cela ici : PD, 838 m, un glacier peu raide qui laisse le temps d’enseigner.

L’horaire est le premier facteur de sécurité. Les ponts de neige tiennent le matin et lâchent l’après-midi — partir tôt n’est pas du zèle.

Le détail

Un glacier n’est pas un sentier enneigé

C’est la phrase à retenir, et elle mérite d’être prise au pied de la lettre.

Un sentier d’altitude, même couvert de neige, repose sur du sol. Un glacier est une masse de glace en mouvement, fissurée de crevasses, recouverte d’une couche de neige qui masque les fentes. Cette neige forme des ponts : ils portent le matin, quand le regel nocturne les a durcis, et cèdent l’après-midi quand le soleil a travaillé.

Par beau temps, un glacier ressemble à un champ de neige tranquille. C’est exactement ce qui le rend dangereux. La différence avec la randonnée n’est pas d’intensité : sur un sentier, une erreur coûte une entorse ; ici, elle peut coûter une chute de quinze mètres dans une fente dont on ne remonte pas seul.

La corde ne suffit pas

C’est le contresens le plus répandu, et il vaut d’être formulé nettement.

La corde arrête la chute. Elle ne remonte personne.

Une cordée de deux dont l’un disparaît dans une crevasse se retrouve dans cette situation : un homme suspendu dans le vide, un autre en surface qui le retient et ne peut pas le hisser à la seule force des bras. Pour l’extraire, il faut construire un mouflage — un système de poulies improvisé avec des sangles, des mousquetons et des bloqueurs, qui démultiplie la force disponible.

Ce geste n’est pas compliqué. Il est précis, il se fait avec du monde au bout de la corde et du stress, et il s’oublie vite quand on ne le répète pas. C’est précisément pour cela qu’il s’apprend avec quelqu’un dont c’est le métier, et qu’on le refait régulièrement.

Pourquoi un guide pour la première fois

Pas parce que le terrain d’une course d’initiation serait difficile. Il ne l’est pas : les courses qu’on choisit pour cela sont cotées PD, sur des pentes modérées, avec des horaires courts.

Mais la progression encordée — la distance entre les membres, la tension de la corde, le rythme qu’on tient sans se retourner —, la lecture des ponts de neige et le mouflage ne s’apprennent pas dans une vidéo. Un professionnel diplômé les enseigne sur un terrain choisi pour ça, ce qui est très différent de les découvrir le jour où ils servent.

Une bonne course d’initiation est celle où l’on peut expliquer, recommencer, et faire demi-tour sans que ce soit un drame.

Par où commencer ici

L’Aiguille du Tour, depuis le refuge Albert 1er, est la référence locale. Cotée PD, huit cent trente-huit mètres de dénivelé, cinq à six heures. Le glacier du Tour est peu raide, ce qui n’est pas une facilité mais un avantage pédagogique : il laisse le temps.

On y trouve un vrai terrain glaciaire, avec de vraies crevasses, une rimaye et un sommet à trois mille cinq cent quarante mètres. Le ressaut final, la Table de Roc, se présente en petit couloir de neige ou en rocher facile selon la saison. C’est une course complète, dans des proportions qui pardonnent.

Le refuge Albert 1er a un second avantage pour une première : il est accessible sans franchir de glacier, ce qui n’est pas le cas de tous les refuges de haute montagne de la vallée.

L’horaire est le premier facteur de sécurité

Avant la technique, avant le matériel.

Les ponts de neige tiennent tant que le regel nocturne les a durcis. Ils cèdent quand le soleil les a travaillés. Une cordée qui redescend à quatorze heures ne traverse pas le même glacier que celui qu’elle a monté à sept.

C’est la raison pour laquelle on part de nuit, y compris sur des courses qu’on qualifie de faciles. Ce n’est pas du zèle, et ce n’est pas une tradition : c’est le seul moyen de traverser deux fois un glacier dans son meilleur état.

Le matériel, en une phrase

Baudrier, casque, crampons adaptés à vos chaussures, piolet, corde, sangles, mousquetons et bloqueurs pour le mouflage, broches en terrain glacé.

Presque tout se loue dans la vallée, et beaucoup de courses encadrées incluent le matériel collectif — cela se vérifie avant de passer chez le loueur. Une seule pièce doit être la vôtre : la chaussure, parce que c’est la seule dont l’ajustement décide de la journée. Et il faut qu’elle accepte des crampons, ce qui n’est pas le cas de toutes les chaussures de randonnée.

Ce que cette page ne fait pas

Elle ne vous forme pas. Elle décrit ce qu’une initiation demande, ce qui n’est pas la même chose que l’enseigner — le mouflage ne s’apprend pas par écrit, et personne ne devrait s’encorder pour la première fois avec un article pour seule référence.

Nous ne citons pas non plus de tarif ni de prestataire. Le contenu des prestations varie d’un bureau de guides à l’autre, et la seule réponse fiable est celle du professionnel que vous contactez.

Questions pratiques

Ce qu’on nous demande

Qu’est-ce qui rend un glacier dangereux ?

Les crevasses, et le fait qu’elles soient invisibles. La neige les recouvre de ponts qui portent le matin, quand tout est gelé, et cèdent l’après-midi quand le soleil a travaillé. Un glacier par beau temps ressemble à un champ de neige tranquille : c’est exactement ce qui le rend dangereux.

La corde suffit-elle ?

Non, et c’est le contresens le plus fréquent. La corde arrête la chute ; elle ne remonte personne. Une cordée de deux dont l’un disparaît dans une crevasse doit être capable de construire un mouflage — un système de poulies improvisé avec des sangles et des bloqueurs — pour l’extraire. Ce geste s’apprend, se répète, et s’oublie vite si on ne le refait pas.

Faut-il vraiment un guide pour la première fois ?

Oui. Pas parce que le terrain d’une course d’initiation serait difficile — il ne l’est pas — mais parce que la progression encordée, la lecture des ponts de neige et le mouflage ne s’apprennent pas dans une vidéo. Un professionnel diplômé enseigne ces gestes sur un terrain choisi pour ça, ce qui est très différent de les découvrir le jour où ils servent.

Par quelle course commencer dans la vallée ?

L’Aiguille du Tour depuis le refuge Albert 1er est la référence locale : cotée PD, 838 m de dénivelé, cinq à six heures, sur un glacier peu raide qui laisse le temps d’expliquer et de recommencer. Elle offre un vrai terrain glaciaire avec de vraies crevasses, dans des proportions où faire demi-tour ne serait pas un drame.

Quel matériel faut-il ?

Baudrier, casque, crampons adaptés à vos chaussures, piolet, corde, sangles, mousquetons et bloqueurs pour le mouflage, plus des broches en terrain glacé. Presque tout se loue dans la vallée, et beaucoup de courses encadrées incluent le matériel collectif. La chaussure, elle, doit être la vôtre : c’est la seule pièce dont l’ajustement décide de la journée.

Quelle est la bonne période ?

De la mi-juin à la mi-septembre pour les courses d’initiation classiques. Plus tôt, les couloirs sont encore en neige et la course change de nature ; plus tard, les ponts de neige se fragilisent et les crevasses s’ouvrent. La fenêtre réelle dépend de l’enneigement de l’année, pas du calendrier.

Pourquoi partir de nuit sur une course facile ?

Parce que l’horaire est le premier facteur de sécurité, avant la technique. Les ponts de neige tiennent tant que le regel nocturne les a durcis ; ils cèdent quand le soleil les a travaillés. Une cordée qui redescend à quatorze heures traverse un glacier différent de celui qu’elle a monté à sept heures.

Quelle différence avec la randonnée d’altitude ?

Un sentier d’altitude, même enneigé, repose sur du sol. Un glacier est une masse de glace en mouvement, fissurée, recouverte de neige. La différence n’est pas d’intensité mais de nature : sur l’un, une erreur coûte une entorse ; sur l’autre, elle peut coûter une chute de quinze mètres dans une fente dont on ne remonte pas seul.

Périmètre

Ce que cette fiche n’établit pas

Contribuer

Un matériel qui vous a servi, ou trahi ?

Ce qui a tenu, ce qui a lâché, et dans quelles conditions. On recoupe et on met la page à jour, en vous créditant.

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Rédaction Chardonnet.fr · mise à jour 30.07.2026 · aucun lien commercial sur cette page