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Mer de Glace

Le plus grand glacier français, et le plus visité. Sept kilomètres de long, trois cents mètres d’épaisseur au maximum — et un front qui a reculé de plus de deux kilomètres et demi depuis le XVIIIe siècle, dont quatre cents mètres pour les vingt dernières années. C’est le glacier qu’on vient voir, et celui qui s’en va le plus vite.

Provenance

Éditeur

Rédaction Chardonnet.fr

Argentière, vallée du Mont-Blanc

Dates

Publiée 30.07.2026
Mise à jour 30.07.2026
Revue annuelle : 07.2027

Données automatiques

Météo-France AROME
IGN RGE ALTI
rafraîchies 30.07.2026 07:10

Chiffres fixes

Mesures glaciologiques reprises des sources citées, chacune avec son millésime.

Notre méthode →

La Mer de Glace vue depuis la gare du Montenvers en juillet 2025, langue grise en contrebas et moraines à nu
La langue, juillet 2025
La moraine, à nu

La Mer de Glace depuis le Montenvers, 23 juillet 2025 · Alexkom000 · 23.07.2025 · CC BY 4.0 · Recadrée en hauteur, de 5451×3634 à 5451×2559, sans autre retouche.

2,5 km

de recul du front depuis le XVIIIe siècle — dont 400 m sur vingt ans

Les mesures

Longueur

7 km

2020 · Wikipédia

Superficie du bassin

40 km²

2020 · Wikipédia

Épaisseur maximale

300 m

2020 · Wikipédia

Perte d’épaisseur moyenne

Part de l’épaisseur perdue

Amincissement du front

Le recul

Données automatiques

Bulletin du massif

Le front de la Mer de Glace a reculé de plus de deux kilomètres et demi depuis le XVIIIe siècle, avec une accélération nette à partir de 2002 — quatre cents mètres pour les vingt dernières années à elles seules. Le glacier perd aussi en épaisseur : quatre à cinq mètres par an au front sur les quinze dernières années, et cinquante mètres d’épaisseur moyenne depuis le début du XXe siècle, soit près du tiers de ce qu’il avait. Le chiffre le plus parlant n’est pas celui du recul mais celui des marches : il faut en descendre toujours plus depuis la gare du Montenvers pour atteindre la glace, et leur nombre augmente presque chaque année.

Recul du front

400 m

sur 20 ans

Amincissement au front

4 à 5 m/an

sur 15 ans

Épaisseur moyenne perdue

50 m

depuis 1900

Part de l’épaisseur perdue

32 %

depuis 1900

GLACIOCLIM (OSUG) — relevés glaciologiques une à quatre fois par an, mesures météorologiques en continu.
Ces valeurs sont des relevés scientifiques datés, pas un état du jour. Nous n’affichons aucune mesure en temps réel sur un glacier : la surface, les crevasses et le front évoluent en permanence et nous ne les constatons pas.

Accès & à savoir

Accès depuis Montenvers, par le train à crémaillère depuis Chamonix

Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.

→ Ce que cette fiche n’établit pas

Gare du Montenvers 1 913 mGare du Montenvers 1 913 mConfluence du Tacul et de Leschaux 2 000 mPlan IGN · sentier puis échelles jusqu’à la glace
+ 0 min1 913 m

Gare du Montenvers. Terminus du train à crémaillère, et point de vue sur toute la longueur du glacier.

+ 25 min1 750 m

La surface du glacier. Sentier puis échelles. Cette descente s’allonge presque chaque année : c’est la mesure du recul la plus directement perceptible.

2 000 m

Confluence du Tacul et de Leschaux. Le cœur du glacier, où les deux branches se rejoignent. Hors de portée d’une visite : terrain glaciaire.

Variantes

À pied depuis Chamonix par le sentier du Montenvers, environ 900 m de dénivelé et deux heures et demie, quand le train ne circule pas. Le Grand Balcon Nord permet de voir le glacier d’en haut sans descendre à la glace, et donne la meilleure lecture de son affaissement.

À savoir avant de monter

Description issue de sources documentaires, arrêtée au 30.07.26, non encore revue. Rien ici n’a été constaté sur le terrain. Ni consigne, ni préparation de course.

→ Ce que cette fiche n’établit pas

La descente s’allonge chaque année

Le sentier et les échelles qui mènent du Montenvers à la glace se rallongent à mesure que le glacier s’abaisse. Une description d’il y a dix ans sous-estime largement l’effort de la remontée, et c’est elle qui surprend les visiteurs, pas la descente.

Le glacier n’est pas un terrain de promenade

La surface est crevassée et couverte de débris rocheux. Sortir des aménagements aménagés suppose l’équipement et la pratique du terrain glaciaire, ou un professionnel.

Les voies d’escalade des dalles ont bougé avec lui

L’abaissement de la moraine a compliqué l’accès aux voies de la rive gauche : il faut compter au moins une longueur de plus que dans les topos, et l’accès en rappel par le haut est de plus en plus recommandé.

Le train commande la journée

Ses premiers et derniers départs bornent la visite comme les sorties d’escalade du secteur. Horaires et période d’exploitation changent chaque saison.

Le récit

Le glacier qu’on vient voir

La Mer de Glace est le plus grand glacier de France et, de loin, le plus visité. Sept kilomètres de long, un bassin d’alimentation de quarante kilomètres carrés, trois cents mètres d’épaisseur au maximum. Elle naît de la confluence du glacier du Tacul et du glacier de Leschaux, s’épanche vers la vallée de Chamonix et donne naissance à l’Arveyron.

Un train à crémaillère y monte depuis 1908. C’est ce qui en a fait, bien avant les débats sur le climat, l’un des rares glaciers qu’un visiteur sans équipement ni pratique pouvait aller regarder de près.

Ce que le chiffre du recul ne dit pas

Le front a reculé de plus de deux kilomètres et demi depuis le XVIIIe siècle, avec une accélération nette depuis 2002 — quatre cents mètres pour les vingt dernières années. C’est le chiffre que tout le monde cite.

Il en manque un autre, moins spectaculaire et plus révélateur : le glacier ne recule pas seulement, il s’affaisse. Quatre à cinq mètres d’épaisseur perdus par an au front sur les quinze dernières années. Depuis le début du XXe siècle, cinquante mètres d’épaisseur moyenne, soit près du tiers de ce qu’il avait.

Un glacier qui recule laisse une vallée. Un glacier qui s’affaisse laisse des parois de moraine instables au-dessus de sa surface, et c’est ce qui change concrètement la vie de ceux qui y vont.

La mesure la plus honnête est un escalier

De la gare du Montenvers, un sentier puis des échelles descendent jusqu’à la glace. Cette descente s’allonge d’année en année, et il faut en ajouter des marches presque à chaque saison.

C’est la mesure la plus directement perceptible du phénomène — plus qu’un graphique, plus qu’un chiffre en mètres. Les visiteurs le remarquent rarement à la descente. Ils le remarquent en remontant.

Le même mouvement a des conséquences ailleurs. Sur les dalles de la rive gauche, où passent les grandes voies d’escalade des années 1980, l’abaissement de la moraine a compliqué l’abord : il faut aujourd’hui compter au moins une longueur de plus que dans les topos, et l’accès en rappel par le haut est devenu la recommandation. Un topo-guide d’avant 2015 y décrit une approche qui n’existe plus.

Qui mesure, et à quelle fréquence

Ces chiffres ne viennent pas d’estimations. GLACIOCLIM, service d’observation de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble, suit la Mer de Glace et le glacier d’Argentière : accumulation hivernale, ablation estivale, bilan de masse annuel, variations d’épaisseur, vitesses d’écoulement, cartographie du front. Une à quatre campagnes par an selon le site, plus des mesures météorologiques en continu.

C’est aussi pour cela que cette fiche porte un millésime sur chaque mesure. Sur un objet qui perd quatre mètres d’épaisseur par an, un chiffre sans son année n’est pas une donnée : c’est un souvenir.

La Mer de Glace vue du Grand Balcon Nord en juillet 2025

Depuis le Grand Balcon Nord, le même jour · Alexkom000 · 23.07.2025 · CC BY 4.0 · Recadrée en hauteur, de 6000×4000 à 6000×2817, sans autre retouche.

Questions pratiques

Ce qu’on nous demande

De combien la Mer de Glace a-t-elle reculé ?

Plus de deux kilomètres et demi depuis le XVIIIe siècle, avec une accélération marquée depuis 2002 : quatre cents mètres sur les vingt dernières années. Le recul du front n’est qu’une partie du phénomène ; l’amincissement en est l’autre, à quatre ou cinq mètres par an au front sur les quinze dernières années.

Quelle est sa taille aujourd’hui ?

Sept kilomètres de long, un bassin d’alimentation de quarante kilomètres carrés, et trois cents mètres d’épaisseur au maximum. Elle reste le plus grand glacier de France, formée par la confluence du glacier du Tacul et du glacier de Leschaux, et donne naissance à l’Arveyron.

Comment y accéder ?

Par le train à crémaillère du Montenvers depuis Chamonix, puis un sentier et des échelles jusqu’à la glace. Cette descente s’allonge chaque année à mesure que le glacier s’abaisse : c’est la manifestation la plus concrète du recul pour un visiteur, et la remontée surprend plus que la descente.

Peut-on marcher sur le glacier ?

Pas librement. La surface est crevassée et couverte de débris rocheux. Au-delà des aménagements, la progression suppose l’équipement de progression glaciaire et la pratique qui va avec, ou l’encadrement d’un professionnel diplômé.

Qui mesure ces chiffres ?

GLACIOCLIM, service d’observation de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble, qui suit la Mer de Glace comme le glacier d’Argentière : accumulation hivernale, ablation estivale, bilan de masse, variations d’épaisseur, vitesses d’écoulement et cartographie du front. Les relevés glaciologiques ont lieu une à quatre fois par an selon le site.

Périmètre

Ce que cette fiche n’établit pas

Contribuer

Vous avez observé Mer de Glace récemment ?

Une photographie datée du front, un relevé, une observation. On recoupe avec nos sources et on met la fiche à jour, en vous créditant.

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Rédaction Chardonnet.fr · mesures glaciologiques recoupées sur sources citées · mise à jour 30.07.2026